Faire connaître l'astrologie, les tarots, la numérologie, merveilleux outils de la connaissance de soi et des autres, de notre place dans le cosmos, et des grands cycles qui régissent notre existence.
La chatte, fort classiquement baptisée Minette, vieille routarde blanche et noire, était calme et tranquille. Elle ne quittait plus la maison. En revanche, son fils, Toto, qui n’avait que quatre ans, était plus aventureux, et habitué à chasser mulots, et autres petites bêtes des champs dans la journée. En fin d’après-midi, juste avant la tombée de la nuit, un Toto fourbu et souvent crotté miaulait devant la porte, afin de rentrer se mettre au chaud.
Un jour Toto ne rentra pas et ne répondit pas à l’appel. Plus de Toto. Toto fut appelé à la cantonade dans tous les jardins des environs, recherché dans toutes les maisons voisines. Il fallut se rendre à l’évidence : Toto avait disparu pour de bon. Personne ne l’avait vu traîner ici ou là.
Les soupçons se firent jour rapidement : quelqu’un l’avait sans doute mangé. Ou, plus vraisemblable : tué pour sa peau. En effet, les allemands désormais immobilisés sur le front russe découvraient les rigueurs d’un hiver pour lequel ils n’étaient pas convenablement équipés, et – pour améliorer leur capacité de résistance au froid – les nouveaux vêtements fabriqués dans les ateliers furent doublés de fourrure : lapins, chats, ou animaux plus nobles, tout y passait.
Près de la maison se trouvait l’entrepôt d’un « récupérateur » – autrement dit « chiffonnier ». Lorsqu’on tuait un lapin pour le manger, à cette époque, la peau lui était vendue pour quelques centimes de franc. Les peaux séchaient, pendues, à l’étage d’un de ses hangars, et attendaient d’être mises en ballots pour être expédiées aux usines ou ateliers qui les traiteraient avant d’en faire des doublures.
Toto disparu, les recherches n’aboutissant pas, un soupçon se fit jour, une idée s’imposa : c’est le chiffonnier qui l’a tué.
- Je suis sûre, dit ma mère, que c’est Durand qui l’a liquidé, je suis certaine que la peau de mon chat est dans son entrepôt. J’y vais, je vais aller regarder les peaux, je veux savoir ! Et si jamais je trouve mon chat, il va m’entendre !
Il n’y avait que la rue à traverser, puis la cour au fond de laquelle se trouvait l’entrepôt, au premier étage duquel les peaux de lapins et de chats retournées attendaient d’être suffisamment nombreuses pour être conditionnées en ballots qui seraient ensuite expédiés Dieu sait où pour être confectionnées.