Faire connaître l'astrologie, les tarots, la numérologie, merveilleux outils de la connaissance de soi et des autres, de notre place dans le cosmos, et des grands cycles qui régissent notre existence.
Le découpage en douze mois conduisit à l’établissement d’un zodiaque dans lequel on retrouve douze signes, qui correspondent aux douze signes de l’astrologie occidentale. A chacun de ces mois correspond un dieu ou une déesse.
Les quatre signes de l’Eté, la saison SHEMOU, étaient :
Amon - le Bélier – représenté par un bélier aux cornes recourbées. Dans toutes les civilisations cet animal est un symbole de fécondité, de renaissance de la vie. Le plus grand temple consacré à ce dieu était celui de Karnak. Il est le protecteur des pauvres, des malades et des femmes enceintes.
Apis - le Taureau - un taureau portant le disque solaire entre ses cornes. Il est symbole de force physique, de puissance sexuelle, de fertilité. Incarnation du cycle combiné du Soleil et de la Lune, sa vie était limitée à 25 ans, au terme desquels il était sacrifié et embaumé.
Shou et Tefnout – Les Gémeaux (frère et sœur dans la mythologie égyptienne). Ce sont aussi « les deux arbres entre lesquels le Soleil apparaîtra ». Shou serait l’Air et Tefnout l’Humidité, qui se tiennent par la main.
Le Scarabée – Le Cancer (quelquefois représenté sous la forme du dieu Anubis). Cet animal, qui se déplace en marche arrière, tout comme le crabe qui fut le premier symbole du Cancer, était vénéré car il forme entre ses pattes des boulettes rondes rappelant le Soleil.
C’est la saison pendant laquelle les agriculteurs sont occupés aux récoltes du lin, du blé, aux travaux du battage, et de l’engrangement des fruits de leur labeur.
Suivis par les quatre signes de l’Inondation, la saison AKHET :
Osiris – Le Lion – représenté par la déesse Sekhmet à tête de lionne. Il est aussi quelquefois représenté par un serpent.
Isis – La Vierge – représentée par la déesse Isis qui, après avoir fait renaître Osiris, conçut de lui son fils Horus. Une des représentations de la déesse est une femme portant un épi de blé.
Thot – La Balance – représentée par un cynocéphale ou un dieu à tête d’Ibis. Thot avait pour rôle de peser les âmes des défunts. Mais il avait aussi pour rôle de peser les ingrédients nécessaires à la fabrication de petites figurines à mettre en terre, pour favoriser la future germination.
Selkis – Le Scorpion. C’est le dernier mois de l’Inondation, pendant lequel on va mettre en terre Osiris-grain (Osiris symbolisant la résurrection).
C’est la saison de l’Inondation (la Lointaine) mais aussi celle de la résurrection d’Osiris, qui symbolise le renouveau et la fertilité que la crue du Nil apporte avec elle.
Et enfin les quatre signes de l’Hiver-Printemps, la saison PERET :
L’Archer – Le Sagittaire, représenté par un griffon. A l’origine, Pharaon sur son char, décochant ses flèches contre le mal.
Mendès – le Capricorne, mi-chèvre mi-poisson, qui marque le solstice d’hiver. Il paraissait un peu obscur à Madame Desroches-Noblecourt, qui y voyait peut-être une « évocation de la transformation de la graine dans la terre humide, et dont le germe commence à pointer ».
Hapy – Le Verseau, le génie répandant l’eau depuis ses deux vases, les deux sources mythiques de l’Inondation.
Nephtys – Les Poissons – les deux poissons symbolisent la survie : l’âme d’hier et celle de demain. On en trouve des représentations depuis la IVe dynastie.
L’inondation se retire, et on entre alors dans la saison du froid, des labours et des semailles.
Il ne nous est malheureusement parvenu qu’un exemple de documents relatifs à des applications astrologiques des connaissances détenues par les prêtres. En effet, les grandes bibliothèques d’Athènes, Alexandrie et Pergame ont été ravagées par des incendies. Il s’agit de fragments d’un recueil attribué à Nechepso-Petosiris (on ne sait pas avec certitude s’il s’agit d’un seul personnage ou de deux – un roi et son prêtre ?). Il y est détaillé des règles d’interprétation d’un horoscope natal individuel.
Seuls quelques rares témoignages de voyageurs – à des époques relativement récentes – attestent de la pratique astrologique dans l’Egypte antique. Le géographe grec Strabon (né vers 58 av. J.-C.) parle, dans sa description de l’Egypte, des prêtres du clergé d'Héliopolis, profondément versés dans la connaissance des phénomènes célestes, personnages mystérieux et peu communicatifs, que l'astronome et mathématicien grec Eudoxe de Cnide et le philosophe Platon ne purent approcher qu'à force de temps et de patience, avant d'être finalement acceptés à recevoir certains de leurs enseignements et initiés à quelques-unes de leurs pratiques.
Cependant, un témoignage magnifique de l’état des connaissances astrologiques nous est tout particulièrement accessible : il s’agit du Zodiaque de Denderah, qui se trouve au musée du Louvre. Il a été transporté en France en 1821 avec l’autorisation des autorités égyptiennes. Cette dalle de grès se trouvait dans le temple de Denderah, dédié à Hathor et Isis. Il daterait de l’époque de Néron, et est donc relativement récent.
On y reconnaît les 5 planètes connues, des constellations, ainsi que les signes du Zodiaque, représentés toutefois avec une iconographie égyptienne. 36 génies entourent cette dalle de grès, symbolisant les 360 jours de l’année divisée en 36 décans, et la voûte céleste est soutenue par quatre femmes et des génies à tête de faucon.
Ce monument est le reflet de la fusion des cultures astronomiques et astrologiques de la Mésopotamie, de la Grèce et de l’Egypte. Son existence serait une preuve supplémentaire, s’il en fallait une, de l’universalité du symbolisme du Zodiaque, et du besoin qu’ont eu les hommes, dans toutes les civilisations, de se rapprocher du cosmos et d’intégrer en eux la magie céleste.
Une « invitation aux étoiles », comme le dit si bien Laurence Fritsch.
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Sources : - Christiane Desroches-Noblecourt – Amours et Fureurs de la Lointaine
- Christiane Desroches-Noblecourt – Lorsque la Nature parlait aux Egyptiens
- Nicole Wagner-Vriz - Le Zodiaque – L’Art des Signes